jeudi 4 septembre 2008

Dans les airs...

Ah l’Argentine! Que de souvenirs acumulés. Les argentins, leur culture, et la beauté des paysages nous ont enchanté, nous ont transporté très loin, très haut…jusqu’à s’envoler. Alors c’est partit, direction les cieux! Car Tucumán, c’est aussi le paradis des parapentistes, deltaplanistes et autres fous des airs. A Yerba Buena (la banlieue chique de Tucumán) nous embarquons tous les 2, avec Erik, dans une camionnette-minibus. Il fait chaud, il fait lourd, et ici il n’y a pas vraiment de code la route, alors nous roulons avec la porte du minibus ouverte. Nous empruntons ainsi la route du Cerro San Javier, sinueuse, au milieu de la forêt. Un grand bruit, un cri, on stoppe… Le banc sur lequel était assis Aurélien se fait la malle par la porte ouverte! Aurélien est indemne. Bon, passons les détails sans importante (les argentins ont comme un petit problème pour évaluer le danger de la conduite… mourir sur la route? Ah bon? C’est possible?). Nous continuons un peu la route après le sommet du Cerro, jusqu’à un lieu idéal pour décoller. Installation du matériel, évaluation des conditions météorologiques, du vent… on laisse faire les pros. La pression commence à monter. Aurélien décolle rapidement, recevant les infos au fur et à mesure. Son compagnon de vol est un chilien tombé amoureux de Tucumán il y a de celà 20 ans. De mon côté, Eduardo me donne les instructions pour le décollage et le vol. Je commence à avoir franchement les pétoches. Et si je le fais pas bien? Et si j’oublie une étape?
On attend le moment idéal...j'ai les pétoches! Listo! C'est le signal du départ. Marche, cours, continue à courir en l'air...ça y est, tu es dans les airs! Alors on s'installe tranquile pépère au fond du sac-à-dos-siège! Un vrai fauteuil, tout confort! Ouf, on y est! Une fois toutes le manoeuvres effectuées, la pression retombe un peu, et je peux profiter du vol. Sous nos pieds, la dense forêt, derrière nous, le Cerro, et devant, Tucumàn. C'est splendide. Le vent siffle à mes oreilles. Avec Eduardo, nous sommes d'accord: ici, pas besoin de musique! Puis nous sommes embarqués dans un courant ascendant. Profitons de l'opportunité. On tourne sur nous-même pour rester dans le courant, puis on se laisse porter par celui-ci. Je vois la voile d'Aurélien loin devant nous, plus bas. Notre voile à nous est toute neuve, c'est la deuxième fois qu'Eduardo vole avec. Nous prenons de la hauteur. Eduardo estime que l'on doit être à 1300 mètres d'altitude. La ville est à 800. Puis, quand nous sommes bien haut, Eduardo me laisse le volant. D'abord une "manettes", puis la deuxième. Au début, nous volons à 4 mains, puis il me laisse piloter seule, en me donnant les instructions. Pour tourner, nous utilisons les manettes, qui plissent la voile, agissant comme des freins, mais aussi notre corps, comme sur une moto. J'adore. On se sent encore plus libre, serein, zen. Un autre courant ascendant. Je me laisse porter. Nous prenons maintenant la direction de la ville, droit devant. On survole les citronniers, les cannes à sucre, puis les beaux quartiers de Tucumàn et leurs piscines. Presque 20 minutes de vol. Avant de terminer le voyage, un peu de sensations fortes... Eduardo veut tester sa nouvelle voile! Nous tournons sur nous même, très vite... nous sommes maintenant à la même hauteur que la voile, et la force centrifuge nous plaque les organes au fond de l'abdomen! Moi j'adore! Mais ce petit jeu signe la fin du vol. Il nous a d'ailleurs fait perdre pas mal d'altitude. Ah, il va falloir attérir...j'y pensais plus à ça! Le stress revient! Je quitte mon siège confortable, le retransformant en banal sac à dos. Puis nous commençons tous les 2 à courir dans les air, puis, sur la terre ferme! Aterrissage réussit! Ouahou! Spectaculaire! Eduardo sort alors son harmonica... et j'ai droit à un concert privé, en pleine nature, après une vingtaine de minutes dans les airs... Y'en a qu'on de la chance hein?
Bon, c'est pas le tout ça, mais il faut tout ranger maintenant. 25kg au total, le tout (avec casque, GPS et compagnie) dans un sac-à-dos.
Je retrouve Aurélien, et Erik. Pendant ce temps, Erik a redescendu le minibus, sans son permis de conduire (ils ont confiance les argentins)!!! Et nous buvons une bière en terrasse, sur des airs d'harmonica!

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